Quand nous avons la chance de pouvoir dialoguer avec des personnes qui s'engagent pleinement dans la défense du droit des citoyens en terme de santé publique, je dois avouer que notre écoute n'est jamais une perte de temps, tant les révélations faites ne peuvent que nous éveiller un peu plus sur la réelle dérive de nos systèmes de santé !!!!!
Aussi, je veux bien être considéré une fois de plus comme un "parano en manque de reconnaissance" si toutefois, les dénonciations que je publie à la suite de certaines décisions peuvent encore motiver l'attention chez des personnes qui osent prétendre encore à ce jour être à l'abri de certains mauvais traitements ....
Oser dire la vérité n'est pas sans risque ..... selon les expériences vécues par des personnalités de premier plan après avoir été appelées à comparaitre devant les Tribunaux.
Je cite (selon les déclarations du Docteur Alain Braillon à Elena Pasca) :
Il s’agit d’une SLAPP. C’est l’acronyme anglo-saxon pour Strategic Lawsuit Against Public Participation (Poursuite
stratégique contre la mobilisation publique). Le puissant et riche qui
vous traîne devant les tribunaux se moque du jugement car, quel que soit
le jugement, il gagne toujours : l’attaqué perd son temps et son
argent, et même si le tribunal finit par lui donner raison, les frais
d’avocat ne seront même pas couverts. Cela permet aussi de faire
peur à ceux qui auraient pu penser à faire entendre leur voix critique.
C’est fréquent dans les pays anglo-saxons, et cela touche maintenant la
France (Le Silence est d’or, dans la revue Pratiques. 2011;53:74-5).
http://braillon.net/alain/3.pdfhttp://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2011/09/18/la-sante-publique-dans-tous-ses-etats-questions-au-dr-alain.html
Et tout ceci ne manque pas de sel ...... effectivement :
http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/pierre-meneton-l-obstine_956016.html
Pierre Meneton, un chercheur de l’Inserm qui lutte contre l’overdose
de sel dans les aliments industriels, en a fait les frais récemment. Un
Français consomme en moyenne 8 g de sel par jour, quand tous les experts
internationaux recommandent de ne pas dépasser 5 g. Les conséquences de
cette petite « gratte » pour vendre de l’eau au prix de l’aliment (le
sel ayant un pourvoir de rétention d’eau très important) sont lourdes :
hypertension artérielle avec son cortège de morts et de malades
subissant des infarctus, des accidents vasculaires cérébraux… Le Comité
des Salines de France a poursuit Pierre Meneton en diffamation, sous le
prétexte qu’il a affirmé lors d’une interview pour le magazine TOC en 2006 : « Le
lobby des producteurs de sel et du secteur agroalimentaire industriel
est très actif. Il désinforme les professionnels de la santé et les
médias ». L’Inserm non seulement ne le défendra pas, mais, à la
suite de pressions extérieures, fera même scruter son activité par un
« Comité d’Ethique interne » pour voir « s’il ne portait pas atteinte à l’image de son institution ».
Les différentes sociétés savantes – Cardiologie, Hypertension
artérielle, Pharmacologie… – ont été aux abonnés absents pour sa
défense. C’est plus facile de faire des ordonnances de médicaments que
de la prévention et de l’éducation. Pour celui qui prescrit : c’est plus
rapide, il se rassure en confortant son statut de « savant tout
puissant », car il permet l’accès à des médicaments nouveaux et coûteux.
Celui à qui l’on prescrit est heureux : on lui reconnait un statut et
le médicament miracle l’exonère de tout effort personnel. C’est un peu
comme les émissions de télé-achat.
Le lobby du sel a été débouté, mais heureusement que les très lourds frais du long procès ont été assurés par la revue Prescrire.
En règle, les lanceurs d’alerte n’ont pas cette chance, ils doivent
assumer seuls. En plus, en règle générale, les représailles de leur
hiérarchie, si subtiles mais si efficaces, les mettent hors jeu
professionnellement et socialement, avant qu’ils n’aient pu diffuser
leurs mises en garde efficacement.
En 2010, c’est le laboratoire Astellas Pharma qui poursuit, devant le tribunal de grande instance de Paris, cette même revue Prescrire (voir cet article). Il ne tolère pas que cette revue mette en garde sur la nouvelle indication d’un de ses médicaments.
Tout ceci prête effectivement à confusion dans l'esprit des patients qui attendent toujours plus en matière de prévention, sachant combien il leur est difficile d'abandonner certaines façons de s'alimenter notamment .......
Trop peu connues, les initiatives de ce genre comme la Fondation SCIENCES CITOYENNES alors que leur rôle est devenu essentiel dans cette société "tout biZZZness".
C'est d'ailleurs une excellente occasion pour faire signer la lettre ouverte adressée à la Commission Européenne :
La Recherche Publique doit bénéficier à la Société, pas aux grandes entreprises
Une Lettre Ouverte sur le Cadre Stratégique Commun pour le Financement de la Recherche et de l’Innovation dans l’UE
Les recherches qui sont soutenues et financées
en priorité aujourd’hui auront un impact décisif sur l’avenir de nos
sociétés et de notre planète. Il est impératif que le programme-cadre de
l’UE pour la recherche soit orienté en fonction des besoins de la
société et de l’environnement plutôt que de ceux des grandes
entreprises.
Nos sociétés font face à d’immenses défis
écologiques, sociaux et économiques. Le “business as usual” n’est plus
de mise, et des changements radicaux sont nécessaires pour faire face à
ces défis. La recherche et les techniques ont un rôle essentiel à jouer,
mais doivent – et particulièrement dans le cas de la recherche financée
par les fonds publics – bénéficier à la société dans son ensemble.
À notre époque de changements rapides, la
recherche et l’innovation jouent un double rôle: elles permettent
l’élargissement du champ de la connaissance et des décisions mieux
informées, mais elles participent aussi à l’apparition de problèmes. Les
recherches sur l’énergie nucléaire, les produits pharmaceutiques,
l’ingéniérie génétique agricole, la biologie de synthèse, les
nanotechnologies, les recherches spatiales et militaires – par exemple –
ont permis à de grandes entreprises de bénéficier de généreuses
subventions publiques malgré les controverses entourant les conséquences
sociales et environnementales de leurs productions. Ceci a réduit
d’autant, voire marginalisé, les financements disponibles pour la
recherche dans des domaines importants comme la protection de
l’environnement, les politiques de santé préventives, l’agriculture
biologique et à faibles intrants, les efficacités énergétiques, les
énergies renouvelables, la toxicologie, les politiques de l’eau, les
pêcheries écologiquement durables ou encore les recherches en sciences
sociales qui contribuent aux changements sociaux et à la résolution de
problèmes sans recourir à des dispositifs de remédiation technique.
Les programmes de recherche qui ont pour
objectifs prioritaires les profits ou les parts de marché ne peuvent
répondre aux défis sociaux et environnementaux qu’affronte l’Europe
aujourd’hui car ceux-ci imposent précisément de trouver des alternatives
aux modèles de développement économique à croissance et profits élevés
qui ont été poursuivis avec un zèle si dévastateur. La recherche
européenne devrait se concentrer sur les innovations qui apportent des
solutions, et les promouvoir, plutôt que d’investir dans des
technologies de bout de chaîne qui sont sans effet sur les causes
premières des problèmes auxquels la société doit faire face.
Nous sommes en conséquence extrêmement
inquiets que la Stratégie Europe 2020 et l’Initiative Phare Europe 2020
pour une Union de l’Innovation ne traitent de la recherche et de
l’innovation que presqu’exclusivement sous l’angle de la compétitivité.
Ces textes envisagent une société régulée par des dispositifs techniques
plutôt que par des politiques sociales, et menacent d’imposer des
priorités industrielles inacceptables dans le prochain programme-cadre
européen pour la recherche (2014-2020).
De nombreuses organisations parmi les
sous-signées, travaillant sur un large éventail de questions de justice
sociale, environnementale et économique ont fait part de leur
préoccupation devant les biais pro-grandes entreprises existant dans le
programme-cadre pour la recherche actuel “FP7”. Nous avons souligné des
problèmes tels que la domination par les entreprises des “Plateformes
Technologiques Européennes” (ETP) et des organismes “informels” de
conseil et d’élaboration de propositions tels que le European Security
Research and Innovation Forum. Ces canaux de communication créent un
conflit d’intérêts structurel en permettant à l’industrie d’influencer
les programmes de recherche de l’UE et de bénéficier des subventions
publiques associées. L’utilisation encore plus systématique des
partenariats public-privé envisagée par la Commission Européenne
exacerbera ces problèmes et hypothèquera les possibilités qu’auraient
les innovations d’inspiration sociale de se développer.
Bien que l’UE ait financé des recherches qui
se consacrent à l’exploration et la promotion d’alternatives aux marges
de son programme actuel (particulièrement au sein de son programme
Science et Société), nous craignons que ces possibilités déjà limitées
ne soient encore réduites dans le programme à venir.
Les problèmes éthiques associés aux nombreuses
technologies controversées que l’UE finance déjà ont été également
laissés de côté. Les mécanismes déontologiques de l’UE doivent être
renforcés de toute urgence afin que des débats très importants sur
l’impact des nouvelles technologies puissent être menés et pris en
compte dans l’ensemble du programme de recherche. Le rôle des sciences
sociales, particulièrement, ne doit pas être réduit à “l’acceptabilité”
des technologies.
Les recherches qui feront de l’Europe (et du
monde) un endroit écologiquement durable, sain à vivre et paisible
doivent être menées en priorité par rapport à celles qui produisent des
technologies commercialisables. Nous, sous-signées organisations
scientifiques et de la société civile, pensons qu’un autre programme de
recherche est non seulement possible mais urgemment nécessaire afin de
faire face aux défis auxquels notre société doit faire face.
Nous appelons les institutions de l’UE à prendre des mesures pour :
- Dépasser le mythe selon lequel seules des technologies hautement complexes et coûteuses pourraient créer un environnement durable, de l’emploi et du bien-être, et se concentrer davantage sur des solutions réelles aux défis sociaux, environnementaux et économiques;
- Garantir que le concept d’innovation inclue des formes d’innovation adaptées à leur environnement et socialement pertinentes en plus du développement technique, et faciliter les échanges et la coopération entre les organisations de la société civile et le monde universitaire pour exploiter le potentiel innovant du secteur à but non-lucratif;
- Établir un processus de décision démocratique, participatif et responsable pour l’allocation des fonds de recherche, exempt de conflits d’intérêts et de domination par l’industrie, et permettre à la société civile de jouer un plein rôle à la fois dans la définition des programmes de recherche et dans la poursuite des projets de recherche eux-mêmes;
- S’assurer que tous les experts conseillant l’Union Européenne dans le domaine de la recherche soient nommés de façon transparente, afin de pouvoir dispenser des recommandations impartiales et indépendantes, exemptes de conflit d’intérêt; remplacer les organismes de conseil et les plate-formes technologiques dominés par l’industrie par des structures permettant une représentation équilibrée des points de vue et des parties prenantes;
- S’assurer que la recherche financée par les fonds publics bénéficie à la société dans son ensemble en exigeant des licences d’accès équitable et en encourageant les politiques de licence libre dans le prochain Cadre Stratégique Commun.

